Critique en Français: Ocean Blues (Bob Brozman et Djeli Moussa Diawara): LIBERATION
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Critique: OCEAN BLUES
Ocean Blues - Djeli Moussa Diawara et Bob Brozman
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LIBERATION
20 novembre 2000

Diawara déploie l'écho de la kora

H.L.

Djelimoussa Diawara et Bob Brozman
Ce soir à 21h au New Morning, 7-9, rue des Petites-Ecuries, Paris Xe.



Si vous jouez de la kora et possédez l'art superbe de remonter sur votre épaule les plis du boubou blanc, vous ne mourrez pas de faim à Paris : il y a toujours un baptême à célébrer dans les cités maliennes de Montreuil ou de Saint-Denis. C'est ainsi qu'à la fin des années 80, Djelimoussa Diawara, l'un des trente-huit demi-frères de Mory Kanté, débarqua en France dans le sillage de son aîné. C'était l'époque du tube Yéké Yéké et la recette world semblait pleine de promesses.

Révolutionnaire. Né en 1961 à Kankan, ville de l'est de la Guinée célèbre pour ses musiciens, Djelimoussa avait; comme son demi-frère, appris le balafon et la guitare avant d'adopter la kora. Mais au style métis des Mory ou des Toumani Diabaté, le jeune musicien préférait alors les classiques; son modèle était le jeu élégant et strict de Batourou Sékou Kouyaté, l'immense maître mandenka (cf. Cordes anciennes, qui vient de ressortir chez Buda Musique). A 14 ans, après la formation traditionnelle, Djelimoussa rejoint son frère à Bamako; pendant quatre ans, il jouera de la musique dans son groupe de mariages. Il l'accompagne à Abidjan en 1979, mais ne le suit pas lorsque Mory s'en va conquérir Paris en 1984. Les neuf années passées à jouer dans les restaurants et les fêtes de la capital ivoirienne, pour des publics mélangés, encouragent Djelimoussa à se libérer des modèles traditionnels. Lorsqu'il débarque à Paris en 1988, il a déjà deux albums à son actif pour des labels anglais (Djelimoussa Diawara et Soubindoor) ; mais ce n'est pas encore le style révolutionnaire qui va devenir le sien. C'est une merveille de voir Djelimoussa travailler. Penché sur les cordes, il parcourt d'abord quelques traits classiques, de ceux qu'il répétait une journée entière, au village, sous peine de recevoir des taloches lorsque les vieux rentraient des champs. Sous ses doigts renaît l'émotion contenue, la progression rigoureuse du répertoire mandingue, ce " classique " somptueux qui, depuis sept siècles, sert de repère culturel à l'une des plus puissantes civilisations de l'Afrique. Puis Djelimoussa accroche une corde oubliée, et en une fraction de seconde l'univers bascule : soudain c'est le blues, l'Amérique …Les trois albums " parisiens " de Djelimoussa (Mélodie) ont la couleur de ses errances, de ses rêves de l'Occident, de ses coups de nostalgie, de ses retours ; il esquisse un pas de danse avec les rythmes latins (Flamenkora), pleure les blues des immigrés, ou fait sienne l'austère splendeur des anciens griots (Moya).

Puis, l'an dernier, il rencontre Bob Brozman et enregistre Ocean Blues.

Débridé. Brozman vient du blues mail il y a longtemps qu'il tend l'oreille à d'autres musiques. Parmi ses dernières frasques, un album avec un folk singer d'Okinawa, Takashi Hirayasu, un autre avec le guitariste hawaïen Ledward Kaapana. Avec les arpèges aériens de Djelimoussa, Brozman trouve le parfait contrepoint à ses guitares hawaïennes, à son blues grasseyant ; et l'Africain, qui est aussi guitariste, s'amuse parfois à le suivre en plaquant des accords. Comment peut-on plaquer un accord à la kora ? Théoriquement, l'instrument est calé entre les deux pouces, mais Djelimoussa a mis au point une technique pour lâcher un main et jouer en " strumming ". Il faut voir ses mains voler et claquer, ses doigts dérouler les notes pressées. Parfois il s'élance dans un solo précis et débridé à la fois, joignant la rigueur d'un Batourou à l'arrogante liberté des riffs griots.

Alors que les jazzmen récupèrent les grooves latins ou africains pour ancrer leurs solos, les bluesmen, eux se tournent ver les soloistes. Ce qui les fait craquer, ce sont ces improvisateurs impénitents, sorciers de l'outrancier et de l'inattendu, que l'on rencontre dans les cours des villages d'Afrique. Djelimoussa est de ceux-là, et s'il se résignait à entreprendre une carrière sérieuse, il est sur que ses pairs américains le reconnaîtraient. Le jazz est né au pays mandingue au XIIIe siècle.

Bob Brozman - King of the National Guitar


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